Pour mémoire. « J’avais un an quand le monde a décidé de ne rien changer », Terra eco, 10/12/15
Cécile Cazenave

Les négociations de la COP21 sont entrées dans leur dernière ligne droite. Et si la conférence accouchait d'une souris ? Eh bien, nous en arriverions là. Un texte glaçant, extrait du dernier numéro de « Terra eco ».
Paris, juillet 2090.
C’est arrivé à la fois vite et lentement. Pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un cataclysme. Pas une catastrophe. Plutôt une inexorable série de désordres. Tout au long de ma vie, j’ai vu la planète glisser dans un chaos lancinant qui a fini par devenir le bruit de fond de nos existences. J’ai 75 ans aujourd’hui. J’avais 1 an quand s’est tenue à Paris la 21e Conférence des parties, la COP21, un sommet onusien qui devait tout changer. Mes parents m’en ont souvent parlé par la suite comme d’un moment décisif. Les scientifiques avaient donné l’alerte depuis plusieurs dizaines d’années. En réalité, tout se savait déjà : le monde changerait de visage si les émissions de gaz à effet de serre, conséquences des activités humaines, ne diminuaient pas de manière radicale. Il faut croire qu’ils ne furent pas assez convaincant, les convaincus. Pas assez puissants, pas assez en colère, pas assez révolutionnaires. A la COP21, aucun accord contraignant ne fut trouvé pour obliger la communauté internationale à s’engager sur une réduction des émissions dans les décennies qui viendraient. J’avais donc 1 an quand le monde a décidé de ne rien changer.

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source: la revue de presse de FNH