Energies marines renouvelables : quand la croissance verte surfe sur l’or bleu, UP’Magazine, 17/05/16
Marc Lafosse

Qu’on se le dise, en matière de transition énergétique, tout ne s’arrête pas après la COP21 de Paris ! Bien au contraire, c’est aujourd’hui que tout commence. Ou plutôt que tout s’accélère, car, même si nous saluons avec enthousiasme le tour de force de la signature de cet accord avec près de 200 pays, nous n’avons heureusement pas attendu ce rendez-vous politique pour nous atteler à la tâche.
L’investissement dans les énergies nouvelles n’a d’ailleurs jamais été aussi fort. Entre 2014 et 2015, il a même été multiplié par cinq, atteignant 302 milliards d’euros. Dans ce tourbillon vert, un secteur émerge, à la croisée des mondes du maritime et de l’énergie : les Energies Marines Renouvelables (EMR).
Un secteur sur lequel la France bénéficie aujourd’hui d’un double potentiel, géographique et industriel, et d’un contexte particulièrement favorable, de sorte que, fait plutôt rare, nous sommes en capacité de prendre le large sur un secteur nouveau et à fort potentiel.
Les EMR, une aventure moderne au service de la transition énergétique
De tous temps, la mer a fait rêver et a été le théâtre des plus grandes aventures. Avec les EMR, elle porte aujourd’hui une nouvelle promesse, au croisement de l’économie et du développement durable : celle d’inventer  les technologies de demain, de créer de nouvelles sources d’énergies durables, et de faire émerger un modèle économique à la fois pérenne et éco-responsable.
De la France au Japon en passant par le Canada ou encore l’Ecosse, les ingénieurs déploient des trésors d’inventivité pour trouver les innovations technologiques qui permettront d’exploiter l’immense  potentiel énergétique des mers. Un potentiel que l’Agence Internationale de l’Energie estime entre 20 000 et 90 000 TWh (mesure d'énergie terawatt-heure) à au  niveau  mondial… à  mettre en corrélation avec  la  consommation  annuelle  mondiale  d’électricité,  soit 16 000 TWh3.
Eolien offshore, hydrolien, éolien flottant, houlomoteur, énergie thermique des mers, osmotique… les technologies foisonnent déjà, et alors que les sites d’essais, les pilotes et les projets d’installations se multiplient un peu partout dans le monde, l’Agence Internationale de l’Energie estime le potentiel mondial des énergies marines à 748 GW en 2050, dont 188 en Europe si l’on en croit la feuille de route de la Commission européenne.
Dans un monde où les sources d’énergies fossiles vont se tarir inexorablement dans les prochaines décennies, les Energies Marines Renouvelables sont donc sans conteste un secteur d’avenir, créateur de croissance et d’emplois durables. Selon les projections, elles devraient ainsi représenter environ 15 % du mix énergétique européen d’ici 2025, soit un marché annuel de 15 milliards d’euros, et un gisement de plus de 470 000 emplois directs et indirects à horizon 2050, selon l’EU-EOA (European Ocean Energy Association). De quoi booster la croissance de notre vieux continent et mettre la mer, une fois n’est pas coutume, au cœur du développement de l’Europe.
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source: la revue de presse de FNH