Loi biodiversité : les ONG indignées par le vote des sénateurs, Néoplanète, 13/05/16, 18:12
Emilie Villeneuve

Yolaine de la Bigne vous a parlé mercredi sur LCI du projet de loi sur la reconquête de la biodiversité dont la seconde lecture du Sénat s’est clôturé la nuit dernière. Les sénateurs ont reculé en autres sur la taxation de l’huile de palme et les néonicotinoïdes, considérés comme nocifs pour les pollinisateurs. Tandis que notre partenaire la Fondation Nicolas Hulot « s’indigne de l’aveuglement des sénateurs », le collectif Semons la Biodiversité juge ce bilan « mitigé pour la biodiversité cultivée ». Le texte doit maintenant passer devant une commission mixte paritaire d’ici la fin du mois.
Voici la réaction de la Fondation Hulot :
« Petites, rondes, bleu et toxiques mais les sénateurs en raffolent encore et toujours ? Les semences enrobées de pesticides néonicotinoïdes et plus généralement l’ensemble de ces substances risquent d’avoir encore de beaux jours devant elles. Hier soir, le Sénat a rejeté à une très large majorité l’interdiction totale de ces produits, malgré l’avis du gouvernement qui avait proposé de la repousser à 2020 dans une tentative de compromis. En lieu et place, les sénateurs veulent mettre en place une véritable usine à gaz pour une interdiction au cas par cas, usage par usage, confiée à l’ANSES. La Fondation Nicolas Hulot ne croit pas à l’efficacité de ce dispositif et s’indigne de cet aveuglement. Rappelons que les graves dangers sanitaires et environnementaux associés à ces substances sont scientifiquement avérés et que les alternatives existent déjà. Raisons pour lesquelles les députés avaient logiquement décidé de leur interdiction dès 2018. Le projet de loi va maintenant être renvoyé à une commission mixte paritaire (CMP). La Fondation Nicolas Hulot appelle la CMP à ne pas transiger sur le principe d’une interdiction totale en 2018 au plus tard, quitte à l’accompagner de dérogations temporaires pour des usages spécifiques sans alternatives existantes. »
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Sur le même sujet : 
> Loi biodiversité : indignation des ONG après le vote du Sénat, AFP, 13/05/16, 19:30
Les organisations de défense de l'environnement ont dénoncé vendredi les "nombreux reculs" que le Sénat a fait subir au projet de loi sur la biodiversité, déplorant notamment l'"aveuglement" des sénateurs face aux pesticides néonicotinoïdes.
"Les grands principes visant à reconquérir la biodiversité ont été affaiblis ou supprimés", regrettent-elles.
"Le minimum acceptable tel qu'issu de la deuxième lecture par l'Assemblée nationale a disparu, en raison d'une action intense des lobbies économiques et de la chasse", accusent dans un communiqué commun WWF, France Nature Environnement, Ligue de protection des oiseaux, Fondation Hulot (FNH), Humanité et Biodiversité, et l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANPCEN).
Parmi ces renoncements, la réforme de la gouvernance de l'eau, pourtant demandée par la Cour des Comptes, le Sénat refusant de donner une représentation à la société civile qui paie 87% des redevances de l'eau, notent les associations.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Sénat à majorité de droite a aussi rejeté l'interdiction totale des pesticides néonicotinoïdes: il s'est prononcé pour une diminution progressive, mais sans fixer de date limite comme le souhaitait le gouvernement.
"Les sénateurs veulent mettre en place une usine à gaz pour une interdiction au cas par cas, confiée à l'ANSES", l'Agence nationale de sécurité de l'alimentation, pointe la FNH, qui "s'indigne de cet aveuglement" face aux dangers de ces substances, en particulier pour les abeilles.
Les députés avaient voté une interdiction totale pour septembre 2018.
Pour Agir pour l'Environnement, qui dénonce une "surdité démocratique", "ces sénaTUEURS (sic) d'abeilles ont inventé une nouvelle forme de droit mou, où il est interdit d'interdire".
Les sénateurs ont aussi supprimé l'interdiction du dragage des fonds marins lorsqu'il est susceptible de toucher les récifs coralliens, l'encadrement de la publicité dans les parcs naturels régionaux ou encore l'obligation de transmission par les exploitants du registre phytosanitaire, ce qui aurait permis une meilleure information sur l'utilisation des pesticides, notent les ONG.
Le communiqué commun appelle "les parlementaires à prendre leurs responsabilités pour défendre l'intérêt général". "A un an de l'échéance présidentielle, nos organisations en appellent à la majorité gouvernementale et au président de la République pour rehausser l'ambition de ce texte".
Le projet de loi doit faire l'objet d'une commission mixte paritaire afin de trouver une version commune avec l'Assemblée. En cas d'échec, les députés auront le dernier mot.
<http://information.tv5monde.com/en-continu/biodiversite-accord-au-senat-sur-une-diminution-progressive-des-neonicotinoides-107017>
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source: la revue de presse de FNH