Néonicotinoïdes  : le Sénat passe à côté, Syndicat Apiculteurs Midi-Pyrénées, communiqué du 13/05/16

Objet : « Il n'est pas possible de se passer des néonicotinoïdes » !
« Il n'est pas possible de se passer des néonicotinoïdes », voilà une phrase usitée avec force par nos sénateurs depuis plusieurs débats. Nous savions déjà que les néonicotinoïdes se fixaient sur les récepteurs de nicotiniques et avaient un effet similaire au tabac ... nos sénateurs seraient-ils touchés par cette sensation de dépendance ?
Si l'on se fie à la définition de la dépendance du site www.tabac-info-service.fr nous voyons qu'il y a, avec le débat de hier soir, quelques similitudes troublantes :
• « La dépendance physique disparaît en moyenne en quelques semaines ». 

=> Faux, rien n'a changé chez la majorité de nos sénateurs. Continuons :
• « La dépendance psychologique est plus lente à s’estomper. Plusieurs mois sont parfois nécessaires pour ne plus avoir de fortes envies de cigarettes. »
=> En effet, plus que plusieurs mois, les apiculteurs rappellent que cela fait 20 ans qu'ils alertent les pouvoirs publics sur le caractère mortifère de ces substances. Aujourd'hui un apiculteur perd en moyenne 35 % de ses ruches chaque année et la qualité de génitrice des reines (la mère de la colonie) ne se cesse de se dégrader !
• « Le syndrome de manque est dû à la baisse brutale de la quantité de nicotine dans l’organisme par rapport à un seuil auquel le fumeur s’était habitué. Le manque de nicotine est perçu par le fumeur comme désagréable, voire dans certains cas insupportable. » 
=> Nous avons vu hier soir des sénateurs, à l'instar de M. Bizet, douter de la compétence des sénateurs pour se prononcer sur une interdiction des néonicotinoïdes.
Nous avons entendu Mme PRIMAS s'en remettre à l'ANSES, mais nous avons aussi entendu Mme Blandin rappeler que « tout le monde avait confiance en l'EFSA alors que les conflits d'intérêts »
- plusieurs fois avérés et dénoncés - « n'étaient pas vérifiés... A l'ANSES ils ne sont toujours pas contrôlés » fin de citation.
En résumé : le Sénat a, par son vote du 12 mai, décidé de ne pas suivre l'Assemblée Nationale dans une interdiction définitive des néonicotinoïdes à l'horizon de septembre 2018. L'amendement adopté vise, à partir de 2018, à remplacer les usages des néonicotinoïdes pour lesquels l'ANSES aura identifié une autre méthode de lutte au bilan coût/avantages plus intéressant...
Une commission mixte paritaire sera réunie dans les prochains jours avant un nouveau passage devant l'Assemblée Nationale mi-juin.
Les apiculteurs restent fortement mobilisés sur ce dossier de santé publique et rappellent que :
- les néonicotinoïdes sont 10 000 fois plus toxiques que le DDT.
- sont reconnus comme étant des perturbateurs endocriniens par plusieurs études.
- il n'existe pas de molécules plus toxiques. - des alternatives existent !
Une interdiction rapide au 1° janvier 2017, comme initialement prévu, nous semble être la seule réponse à cette question de santé publique.
Nous invitons les citoyens à continuer à nous soutenir en signant LA pétition de demande d'interdiction des néonicotinoïdes.
Pétition en partenariat avec la Fondation Nicolas Hulot :
<http://www.apiculteurs-midi-pyrenees.fr>
 
source: la revue de presse de FNH