Infographie. La chasse aux décharges sauvages est ouverteLeParisien.fr, 09/04/16, 11h06
Émilie Torgemen

Les décharges sauvages se multiplient. Pour faire face, des communes pratiquent de plus en plus la technique du retour à l'envoyeur.
Serions-nous tous des ordures ? L'équivalent de 8,7 tours Eiffel (88 000 t) d'immondices est négligemment jeté chaque année en France, au bord de nos routes, dans nos rivières ou nos forêts. Avec les beaux jours, ce sont aussi les dépôts sauvages qui reviennent. Et du coup, les collectivités multiplient les initiatives plus ou moins légales pour stopper l'encombrant problème des dépôts sauvages : à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), des affiches rappellent en ce moment que vider ses poubelles en pleine rue est un délit qui peut coûter jusqu'à 3 000 € d'amende.
Plus au Sud, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna) invite les promeneurs vigilants à dénoncer les indélicats...
Certaines villes sont plus exposées que d'autres à ce phénomène. « Les territoires les moins favorisés sont aussi ceux où l'on jette le plus en pleine rue, décrypte Carole Carpentier, la secrétaire générale de l'ONG Vacances propres. Comme un moyen d'exprimer sa colère, en transformant son quartier en dépotoir. » Plusieurs communes ont recours maintenant à la technique du retour à l'envoyeur, en identifiant les auteurs des dépôts illégaux et en renvoyant leurs déchets à leur domicile.
Ce que dit la loi
Les dépôts sauvages de déchets sont interdits par la loi et punis par l'article R. 632-1 du Code pénal d'une amende de 35 €. Selon l'article L. 541-46 du Code de l'environnement, pour une entreprise, laisser des monceaux de déchets en camionnette dans un champ ou en forêt peut coûter jusqu'à 75 000 € et jusqu'à deux ans de prison. Par ailleurs, selon un arrêt du Conseil d'Etat de 1977 contre la commune de Merfy (Marne), c'est au maire d'enlever ou de faire enlever les dépôts sauvages dans sa ville. Son inaction est considérée comme une faute lourde et peut engager la responsabilité de la commune.
Responsabilité et pédagogie
Flore Berlingen de l'association Zero Waste, rappelle que « les élus s'en préoccupent aussi parce que ce fléau coûte des dizaines de milliers d'euros à chaque commune et donc aux contribuables ».
Sans compter que, face aux tas d'ordures, les maires sede 2006, il ne suffit pas de trouver au milieu des débris un document identifiant le propriétaire pour l'incriminer. Une épave de voiture rouillée en plein champs par exemple pourrait très bien avoir été abandonnée par n'importe qui. Alors, dès qu'apparaissent ferrailles, bidons vides ou vieux cartons, les municipalités débarrassent les immondices fissa.
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source: la revue de presse de FNH